Comme une toupie, la Terre tourne autour d’elle-même et met 86.400 secondes en moyenne, pour effectuer une rotation complète. C’est la raison pour laquelle une journée dure vingt-quatre heures sur notre planète. Mais contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, cela n’a pas toujours été le cas. Au temps des dinosaures, il y a environ 230 millions d’années, une journée terrestre s’étalait sur une période de 23 heures. Dans approximativement 200 millions d’années, comme la vitesse de rotation de notre planète a plutôt tendance à ralentir, la durée standard devrait être de 25 heures. Mais si le mouvement de rotation de la Terre varie à l’échelle cosmique, il fluctue également sur une échelle de temps plus courte.

L’influence de la Lune, les tremblements de terre, l’activité volcanique, la fonte des glaces sous l’effet du changement climatique et bien d’autres mécanismes ont une influence sur la vitesse à laquelle la Terre tourne autour d’elle-même. Bien que la tendance générale de sa rotation soit au ralentissement, depuis 2020, notre planète tourne de plus en plus vite. Au point que les scientifiques de l’International Earth Rotation Service (IERS), l’organisme en charge d’unifier les pendules mondiales, recommandent d’ajouter, en 2029, une seconde (intercalaire) négative au temps universel coordonné (UTC) pour le maintenir synchronisé avec le temps astronomique.

La journée la plus courte
aura lieu le 5 août 2025
Depuis plus d’un demi-siècle, le temps atomique est calculé avec l’aide d’environ 450 horloges atomiques de très haute précision, qui permettent de déterminer l’heure officielle dans le monde entier. Historiquement, c’est la vitesse de rotation de la Terre qui sert d’étalon. Mais comme le mouvement de rotation de notre planète fluctue, les scientifiques ont décidé en 1972 d’ajouter au temps atomique une seconde (intercalaire) pour le faire coïncider avec le temps astronomique. Cela intervient dès que le décalage entre les deux standards approche 0,9 seconde. Depuis, 27 secondes (intercalaires) ont dû être ajoutées pour contrebalancer l’accélération naturelle du mouvement de rotation de la Terre.

Comme l’indique timeanddate.com, un média en ligne spécialisé dans les phénomènes astronomiques, cette tendance devrait encore se poursuivre en 2025. Comme l’an dernier, les trois jours les plus courts cette année – par rapport aux moyennes historiques – auront lieu au cours de l’été dans l’hémisphère nord. Selon les données fournies par l’IERS, ce sera le 9 juillet, le 22 juillet et le 5 août. À ces dates, la Lune sera la plus éloignée de l’équateur, ce qui accélèrera légèrement la vitesse de rotation de la Terre. Le 5 août, notre planète effectuera une rotation complète en avance d’environ 1,51 milliseconde, ce qui en fera la journée la plus courte de l’année 2025. Cependant, la différence sera si infime qu’aucun humain ne s’en apercevra.
Le record de la rotation la plus courte a été battu le 5 juillet 2024. Ce jour-là, la Terre avait effectué un tour de roue avec 1,66 milliseconde d’avance par rapport aux moyennes historiques. « La cause de cette accélération reste inexpliquée »
, admet auprès de timeanddate.com Leonid Zotov, expert en rotation terrestre à l’université d’État de Moscou. « La plupart des scientifiques pensent qu’il s’agit d’un phénomène interne à la Terre. Les modèles océaniques et atmosphériques n’expliquent pas cette accélération considérable »
, ajoute-t-il. Selon lui, « tôt ou tard, la Terre va décélérer »
. Reste à savoir quand. Les métrologistes, qui sont en quelque sorte les gardiens du temps, se donnent jusqu’en 2035 pour juger de l’intérêt d’ajouter une seconde (intercalaire) négative. Si c’est le cas, ce serait une première et par extension un saut dans l’inconnu.







